Victime de violences conjugales : que faire ? Conseils d’un avocat

Sachez que la violence au sein du couple, quelle que soit sa forme, verbale, psychologique, sexuelle, physique ou même économique, n’est ni normale ni tolérable. Si vous vivez ce genre de situation, prenez immédiatement des mesures pour vous protéger, vous et vos enfants. Voici quelques conseils d’un avocat spécialisé en droit de la famille que vous pouvez appliquer :

En cas d’urgence : où appeler, où aller ?

Si vous vous sentez en danger, composez les numéros suivants :

  • Le 17 : c’est le contact de la police et de la gendarmerie.
  • Le 114 : adressez-vous à ce service en lui envoyant un SMS si vous ne pouvez pas parler à cause d’un handicap ou de la situation dans laquelle vous vous trouvez.
  • Le 3919 : c’est une plateforme d’écoute nationale assurant un premier accueil. Son équipe peut vous donner plusieurs renseignements comme les procédures à entreprendre et ce que dit la loi. Ensuite, en fonction de vos demandes, elle peut vous réorienter vers des dispositifs locaux d’accompagnement et de prise en charge.

Vous pouvez aussi vous rendre :

  • Aux urgences ou dans une pharmacie : le personnel de ces établissements peut alerter les autorités.
  • Dans un commissariat : pour déposer une plainte et avoir de l’aide dans l’immédiat.
  • Auprès d’un avocat spécialisé en violences conjugales : pour demander une ordonnance de protection et recevoir des directives sur les démarches à faire.

Vous mettre à l’abri pour préserver votre vie et celle de vos enfants

Éloignez-vous de l’auteur des violences conjugales et quittez votre domicile commun, pour vous mettre à l’abri, pour assurer votre sécurité et celle de vos enfants. Séjournez chez l’un de vos amis ou l’un des membres de votre famille, en attendant d’avoir un plan pour la suite. Si vous ne trouvez pas d’endroit où aller, voici quelques solutions :

  • Les centres d’hébergement d’urgence que proposent les services sociaux et diverses associations.
  • Les structures réservées aux femmes et aux enfants victimes de maltraitance. La ligne d’assistance que vous avez appelée peut vous indiquer leur emplacement.
  • Les logements de transition ou d’insertion gérés par les organisations telles que FNSF, solidarité Femmes, etc.
  • Les refuges temporaires qu’offrent des particuliers solidaires comme Women Safe ou HeHop.
  • Les foyers sécurisés proposés par le juge aux affaires familiales ou le procureur.

Conserver des preuves : c’est pour votre protection juridique

Si vous ne voulez pas encore porter plainte, faites quand même consigner les faits, car ils peuvent vous être utiles ultérieurement. Rassemblez les preuves des violences conjugales que vous avez subies comme :

  • Les messages que votre partenaire violent vous a envoyés (les captures de ses e-mails, de ses SMS et des mots qu’il a écrits sur les réseaux sociaux).
  • Les enregistrements audio des menaces qu’il vous a adressées.
  • Les témoignages de vos proches.
  • Les photos de vos blessures.
  • Les attestations des professionnels comme le travailleur social, la sage-femme, la puéricultrice, les équipes scolaires, qui vous ont suivis, vous et vos enfants.
  • Les certificats médicaux rédigés par votre médecin traitant ou par un autre personnel de santé qui vous a ausculté.
  • Etc.

Porter plainte ou faire un signalement

Si vous atteignez un point de non-retour, entamez tout de suite une action en justice pour préserver votre vie et celle de vos petits. Déposez alors une plainte dans n’importe quel commissariat ou en ligne et présentez les indices attestant la maltraitance que vous avez subie.

Rapprochez-vous aussi d’un avocat spécialisé en violences conjugales. Il peut vous proposer une assistance personnalisée, vous donner des conseils juridiques adaptés à votre cas, lancer immédiatement les procédures nécessaires pour vous protéger, etc. Il peut également vous mettre en contact avec des associations partout en France pour vous accompagner gratuitement.

Être accompagnée pour rester forte

Rappelez-vous que vous n’êtes pas seule. Vous pouvez trouver de l’accompagnement auprès de plusieurs professionnels : les travailleurs sociaux auprès du Centre d’hébergement et réinsertion sociale ou du Centre d’hébergement d’urgence, les experts de l’éducation, de la sécurité, de la justice et de la santé. Chacun d’eux peut vous apporter une solution, selon son domaine de compétence, afin que vous puissiez reprendre votre vie en main, avancer vers votre reconstruction et vers votre autonomie.

Partagez aussi les violences conjugales que vous subissez à une assistante sociale, car elle peut contacter une association ou une organisation à même de vous aider. Bien évidemment, votre avocat peut également vous offrir tout le soutien dont vous avez besoin.

Se reconstruire pour aller de l’avant

Si vous avez pris le courage de partir de votre foyer et d’engager un avocat pour lancer une procédure de divorce, vous avez déjà réalisé un pas important vers votre avenir. Mais pour vous aider à surmonter le traumatisme que vous avez vécu, voyez un psychologue. Cela vous permet de gérer les conséquences graves des violences conjugales sur votre psychisme.

Sortez aussi de l’isolement en vous entourant d’amis et proches bienveillants. Ils peuvent vous encourager pour ne pas tomber dans l’anxiété et la dépression. Ils ne vous jugeront pas si vous leur parlez de votre cas.

Enfin, prenez soin de votre santé physique, par exemple en évitant l’abus d’alcool, en faisant du sport, en consultant un médecin pour venir à bout de votre insomnie, etc.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *